Pas de flics à l'école

Contre le policier référent dans les collèges. Parents d'élèves de Clichy, citoyens, élus disons non ! Blog citoyen

05 mars 2006

communiqué de la FSU 92

SARKOZY VEUT INTRODUIRE DES POLICIERS REFERENTS DANS 12 COLLEGES DES HAUTS DE SEINE
LA FSU 92 DENONCE ET CONDAMENE CETTE OPERATION


Nous avons appris qu’un protocole de mise en place de policiers référents au titre de la politique de sécurité dans les collèges allait être soumis à délibération d’une séance du Conseil Général, ce vendredi 24 février. Ce dispositif toucherait 12 collèges, soit la totalité des collèges de Clichy la Garenne, Courbevoie et Antony. Ce dispositif expérimental d’une durée de 6 mois pourra être étendu à tous les collèges du département après bilan.

La FSU s’oppose et condamne ce projet qui avait déjà été tenté il y a quelques années au collège Manet de Villeneuve la Garenne et qui a avait dû être abandonné devant le refus du conseil d’administration du collège, de la FSU 92 et de ses syndicats. Il faut noter que cette mise en place ne prévoit la consultation ni les personnels ni des conseils d’administrations

Ce policier en tenue d’uniforme sera doté d’un local et de moyens informatiques portables. La liste des missions qui lui seraient confiées (article 4 du protocole) outrepassent les compétences du conseil général: elles mêlent des tâches « pédagogiques » ou de "prévention" comme la participation à certains conseils d’administration et réunions du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté ou le rappel aux règlements, à des tâches directement liées à la fonction policière répressive comme le signalement d’incidents, et l’instruction directe de plaintes suite à des « infractions » commises dans l’établissement, transformant les lieux éducatifs que sont les établissements scolaires en annexe du commissariat de police.

Ce dispositif outre qu’il dessine (une fois de plus) les contours d’une politique stigmatisante en direction des jeunes plus répressive qu’éducative, risque d’entraîner de graves confusions de repères en matière d’autorité (autorité des enseignants et du principal lui-même, rôle des acteurs de la vie scolaire, du règlement intérieur, du conseil de discipline…). . Tout ceci ne pouvant que nuire à la sécurité du fonctionnaire de police lui-même à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement, avec un risque accru d’introduire à l’intérieur du collège des conflits externes à l’établissement, position curieuse de la part de soit -disant défenseurs de la « sanctuarisation » de l’école. Il est selon nous impossible de faire cohabiter deux logiques différentes dans un même lieu sans susciter des incohérences graves entre adultes, préjudiciable à toute efficacité éducative, aux relations de confiance et à la sérénité nécessaire aux apprentissages. Nous craignons une fois de plus que ce bricolage hâtif et à visée médiatique n’aggrave encore les problèmes qu’on est censé résoudre comme en témoigne les récents incidents à l’internat d’Asnières.

Nous tenons à rappeler que déjà des policiers interviennent dans les établissements à titre éducatif pour informer du rapport aux lois et aux infractions pénales. Il existe également au niveau local des comités de sécurité et de prévention qui associent la communauté éducative, les élus et la police et facilite des éventuelles démarches de prévention voire de saisie du Parquet en cas d’incidents. Mesures autrement plus productives que ce qui est proposé ici.    

On ne peut que s’interroger sur les incohérences du Ministre de l’intérieur qui déclarait lors des troubles récents dans les banlieues qui déclarait dans la gazette des Maire du 21 novembre : « En affectant des compagnies républicaines de sécurité dans les banlieues sensibles et en adaptant leurs modes d’intervention à cet environnement spécifique, je fais de la police de proximité ». Ce projet constitue une véritable provocation au moment où le gouvernement de M. Sarkozy remet lui-même en cause les moyens dédiés à l’éducation prioritaire (seulement trois collèges ambition/réussite seraient créé dans un cadre déréglementé, alors que les autres établissements ZEP classés du département risquent de sortir de ZEP et perdre ainsi les moyens alloués). D’autre part la politique gouvernementale depuis trois ans ne fait qu’asphyxier budgétairement l’Education Nationale. Des milliers d’emplois de surveillance ont été supprimés et la politique ministérielle de recrutement a baissé de 30% les postes au concours et divisé par deux ceux des personnels pourtant essentiels dans l’accompagnement des jeunes en difficulté (Conseiller principaux d’Education, Conseiller d’Orientation- Psychologues…).

Nous nous interrogeons, depuis les annonces de Nicolas Sarkozy sur les ZEP et la convocation des principaux de collèges à Courbevoie dernièrement, sur la confusion entretenue des rôles entre le Ministre d’Etat- Ministre de l’Intérieur- Président du Conseil Général et accessoirement co-Ministre de l’Education nationale.

La FSU 92 avec les enseignants et les parents s’opposera à la mise en place d’un tel dispositif visant à nier le caractère éducatif des établissements. Elle agira avec ses partenaires pour une véritable relance de la politique d’éducation prioritaire et pour obtenir des moyens en personnels qualifiés (enseignants, CPE, COPsy, Assistants sociaux, infirmières et personnels de surveillance) permettant aux jeunes d’échapper à la relégation précoce qui les menace, d’assurer leur réussite et d’obtenir les qualifications professionnelles dont un pays développé comme la France a besoin.

Nanterre le 21 février 2006



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01 mars 2006

Un "policier référent" au Collège Manet

Communiqué de presse

Un "policier référent" au Collège Manet

mercredi 28 janvier 2004.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Après l’imposition contre l’avis de l’équipe pédagogique d’un "policier référent" au Collège Manet de Villeneuve-La-Garenne cette mesure réapparaît dans le plan du ministre de l’ Intérieur concernant les quartiers sensibles.

- Au moment où l’encadrement éducatif subit des coupes claires avec la disparition de plus de 40000 surveillants et aides-éducateurs, avec l’absence de création de postes d’infirmiers et d’assistantes sociales à la rentrée 2004 et la baisse d’environ 40% des postes au concours de recrutement de Conseillers Principaux d’Education, ce type de mesure relève d’une gesticulation sécuritaire qui ne règlera en rien le fond du problème et masque l’absence d’une politique concertée de lutte contre la violence. Elle ressort d’une démarche qui privilégie la répression au détriment d’une intervention sur les causes des phénomènes auxquels sont confrontés les établissements. Si la lutte contre la violence à l’école nécessite une meilleure collaboration avec tous les services publics concernés, parmi lesquels la police et la justice, respectant les compétences spécifiques de chacun, c’est d’abord l’action éducative et la présence de professionnels qualifiés pour éduquer et encadrer les jeunes qui doivent être privilégiés.
- Il importe que le ministère de l’Education Nationale joue tout son rôle en la matière et ne délègue pas ses responsabilités à d’autres.

Paris le 28 janvier 2004

Posté par jeanmaceditnon à 21:01 - 4. LES ENSEIGNANTS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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