20 mars 2006
Interview Laurent Mucchielli, sociologue, chercheur au CNRS, auteur notamment de Violences et insécurité. Fantasmes et réalités
Interview
Laurent Mucchielli, sociologue, chercheur au CNRS, auteur notamment de
Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français (La
Découverte, 2002) et Quand les banlieues brûlent. Retour sur les émeutes de
novembre 2005 (La Découverte, 2006, avec Véronique Le Goaziou).
1) L'expérience tentée dans
les hauts de seine, concernant la présence de policier dans les écoles, répond
t-elle au problème de violence, d'absentéisme interne aux établissements
scolaires ?
Distinguons les deux problèmes. Sur la violence à
l'école, lorsque des faits graves se produisent à l'intérieur d'un établissement
scolaire (par exemple : des coups avec blessures, des trafics de drogues, des
vols de matériel informatique), il est tout à fait normal et souhaitable que la
police jour son rôle de répression de la délinquance, procède à des enquêtes et
à des interpellations. Mais, en réalité, ce que l'on appelle "violence à
l'école" est la plupart du temps constitué de faits peu graves tels que des
petites dégradations, des tags, des bousculades, des bagarres de gamins, des
petits vols sur particuliers. Ces problèmes ne sont pas nouveaux en soi (un seul
exemple : les bagarres dans la cour de récréation sont vieilles comme les cours
de récréation). Et même si certains établissements en connaissent beaucoup plus
souvent que d'autres, les enquêtes montrent que la plupart de ces problèmes sont
gérables en interne, si les équipes éducatives et l'administration scolaire sont
solidaires et organisés. Avoir une bonne équipe de surveillants qui connaissent
bien les élèves et jouent leur rôle de contrôle et de médiation est également
fondamental. Le problème est surtout ici que certains établissements ont
aujourd'hui tendance à vouloir se décharger de cette gestion interne des
désordres de la vie scolaire. Et le climat sécuritaire ne peut que les y
encourager. Quant à la question de l'absentéisme interne, il faut être très
clair : c'est un problème éducatif, et apporter une réponse policière à un
problème éducatif est par définition une erreur et même une aberration. On
ferait mieux de s'interroger sur les raisons pour lesquels certains jeunes ne
voient plus aucun intérêt à aller en classe. Et travailler à partir de là.
2) Quel est l'objectif réel de cette mesure
?
Nous vivons une époque de grand malaise social et de forte
inquiétude sur l'avenir. Tous les milieux sociaux et toutes les générations le
ressentent. Les plus âgés ont peur de la jeunesse. Mais ce malaise et cette
inquiétude concernent au premier chef les jeunes, ceux des quartiers populaires
qui ont alimenté les émeutes de novembre dernier aussi bien que ceux qui
défilent aujourd'hui contre le CPE. Le problème est que la réponse politique
actuelle est celle de l'affichage sécuritaire, des déclarations de fermeté et de
la volonté de garantir l'ordre. On espère ainsi rassurer l'opinion et s'attirer
sa sympathie électorale. L'annonce de la présence policière dans les
établissements scolaires s'inscrit dans cette logique
d'affichage.
Commentaires
Je crois que vous êtes complètement autiste : vous excusez la violence (alors qu'on peut l'expliquer sans l'excusez) et vous refusez toute répression (alors qu'aucune prévention aucune éducation ne peut se passer d'une part répressive).
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